La crise financière généralisée exprime un bouleversement radical de nos représentations de la réalité économique. Les modèles financiers d’anticipation des prix de production et de vente ont perdu leur fiabilité alors que les systèmes informatiques en réseau intègrent en temps réel d’énormes quantités d’informations. La rupture est manifeste dans la crise entre l’information numérisée et la perception humaine du réel.
Les systèmes d’information politique et financière produisent des représentations dont personne ne sait plus vraiment répondre. Saturés de consignes, les hommes ont cesser de vouloir, de décider et de transformer le réel. Le risque a changé de nature. Les événements imprévisibles mais probables sont intégrés dans les calculs économiques. Mais les acteurs de la transformation économique ne sont plus sûrs de ce qu’ils fabriquent ensemble.
La disparition d’une négociation réelle des responsabilités de production provoque la perte du capital humain. La machine remplace l’homme dans son activité mécanique mais pas dans sa capacité à choisir et connaître ses relations. Il appartient exclusivement à l’intelligence humaine d’identifier une demande pour concevoir et anticiper une offre. Les processus de production véritables se construisent par des chaines de garanties humaines. La somme des garanties est la probabilité de transformation des offres en réalité.
Les technologies de l’information permettent désormais d’argumenter en qualité et en prix toute les chaines de transformation de la demande finale. Mais il faut organiser une résolution permanente des écarts entre les actions individuelles subjectives, la représentation commune par le prix et la production réelle effective. La compensation interne des offres et des prix par les livraisons effectives produit une délibération entre les acteurs. Les écarts possibles entre le promis et le réalisé sont intégralement répartis et assumés.
La compensation des processus à l’intérieur des systèmes d’information numérisée rend à l’homme la représentation coordonnée de ses savoir-faire. Mieux, elle restaure l’esprit d’entreprise dans des réseaux professionnels d’innovation et de solidarité au service d’une demande ré-humanisée.









Nous avons assisté au remplacement des humains par des robots pour la plupart des activités de transformation de la matière en objets. La crise financière signifierait elle aussi le remplacement des humains par des machines pour la plupart des activités de transactions et donc en particulier de ce qu’il est convenu d’appeler « l’industrie financière » ? Après ce double remplacement des humains par des machines, quelle est la place qui reste à l’humain dans ce monde ? L’article de Pierre nous fait entrevoir que la finalité des humains se situe dans les métiers d’interaction qui permettent, par la discussion juste entre personnes se situant dans un rapport d’égalité, de convenir de la valeur respective des choses.
Merci Benoît de cette interprétation de mon texte parfaitement fidèle à son esprit.