La valeur est le choix du sujet portant sur un objet. Rendre visible les choix du sujet, c’est donner existence à la valeur humaine par ses objets. La loi de l’État de droit démocratique produit les objets de valeur de l’homme en société vivant d’échanges. S’il n’existe pas de loi dans une collectivité d’échange, n’importe quel objet peut être proposé avec une probabilité très faible de représenter une valeur pour ses acheteurs potentiels. Pour rendre la valeur visible, une démocratie adopte des lois qui forment a priori des objets de valeur pour la communauté. Pour attribuer les objets concrétisés de la valeur aux personnes qui les utilisent, il faut alors concrétiser la mesure de la valeur dans la loi : la monnaie matérialise la valeur sociale de l’objet vendu par la loi collective à l’individu qui l’achète en restituant la valeur d’un autre objet à la société. La société produit la valeur, qui produit la loi, qui produit la monnaie, qui matérialise l’objet de valeur pour un sujet particulier, qui fait partie de la société en étant valeur de la société dans son unicité, sa liberté et sa responsabilité.
Restaurer la démocratie : création de la monnaie transnationale









On a bien vu que lorsque la finance s’écarte des échanges de biens réels, c’est à dire disposant d’une valeur mesurable non seulement par soi même mais aussi par les autres, la démocratie est menacée. Dans une finance « virtualisée », des profits peuvent se créer par la création d’externalités négatives (dégâts sur l’environnement, délocalisation, précarisation) qui restent cachées jusqu’à ce que la communauté dans son ensemble doit in fine les payer. Le schéma inverse est il possible ? Traiter la monnaie pour restaurer la démocratie. J’aimerais bien en savoir plus !
En fait, ceux qui travaillent à l’international, soit dans l’off shore soit dans des pays sans État de droit, c’est à dire sans contrôle de légalité, ni police, ni justice efficiente, savent bien que le respect de la démocratie ne dépend que d’eux-mêmes. Il est possible effectivement de s’assurer des profits récurrents et substantiels par des externalités négatives pour la collectivité humaine : maltraitance des salariés, des fournisseurs, des clients, dégradation de l’environnement, pillage des ressources naturelles. Il est clair que les réglementations internationales adoptées par la société mondiale sous l’autorité de l’Organisation Mondiale du Commerce sont nécessaires mais pas suffisantes pour instaurer un État de droit international. Pour faire appliquer ces réglementations plus concrètement malgré la corruption politique, il est possible de recourir à la monnaie, c’est à dire au système de calcul économique et d’anticipation financière que pose la monnaie.
Une monnaie internationale qui serait financièrement gérée dans les démocraties les plus avancées et définie comme unité de compte et de paiement de contrats licites, conformes aux règles de l’OMC, mais qui serait représentative d’un intérêt mondial à la légalité et non d’intérêts nationaux concurrents entre eux, permettrait de contrôler effectivement la légalité des activités économiques par leur financement en plus que par l’édiction de réglementations internationales. Aujourd’hui, l’utilisation des monnaies nationales (dollar, euro, yen, livre) pour financer des activités internationales permet d’échapper à tout contrôle de conformité au bien commun puisque ces monnaies ne sont pas celles des pays étrangers où elles sont utilisées ni ne sont traçables hors des espaces de souveraineté où elles sont émises (par exemple les autorités monétaires US n’ont aucun pouvoir de contrôle sur les dépôts et crédits en dollar gérés par les banques à Dubai qui n’a elle-même aucun pouvoir coercitif sur les contrats non libellés en monnaie locale).
Si donc la monnaie internationale est fondée sur la garantie contractuelle obligatoire de tous les risques légaux, financiers, économiques et politiques des contrats et des prix négociés dans cette monnaie, alors on garantit absolument en droit des pays développés l’épargne internationale placée dans cette monnaie (réserves de change dont la valeur réelle est garantie par le système et non par des intérêts nationaux comme les dépôts en dollar ou en euro) et on oblige tout emprunteur international à respecter le droit international de l’OMC pour se financer en liquidités réellement internationales. Autrement dit, dans le champ international, l’État de droit des démocraties devient, pour tout entrepreneur ou investisseur empruntant des liquidités internationales garanties, une obligation préalable et contrôlée par un système bancaire international de respecter les règles du bien commun mondial négociées au sein de l’OMC.