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La femme est un homme comme les autres

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire une analyse de communicante sur la journée du 8 mars. Je partage avec vous ces quelques réflexions et espère recueillir vos avis constructifs, sur le plan de la communication, mais aussi d’un point de vue des ressources humaines et du management, du coaching et du déminage des conflits (argh !)…

Communication ou le choix des mots

Avant d’entrer dans le vif du sujet, évacuons d’abord le débat du nombre. Parce que le 8 mars c’était déjà une question de nombre (voir le début de la conversation en plateau TV). Fallait-il parler de «La Journée de la Femme» ou mentionner, selon la terminologie officielle, «La Journée Internationale des droits des femmes». Était-il pertinent de vilipender le singulier (forcément réducteur, voire soupçonné de machisme – LA femme est toujours fatale… ou idéale) et de souligner la richesse et la complexité de la gente féminine ? Et même d’insister sur le fait qu’on parlait de droits (et non pas des individus) – histoire de dépassionner le débat ? de le «rationaliser» ? de le rendre plus «raisonnable» ?

Ce genre d’argutie me laisse perplexe. J’aime les mots. J’aime jouer avec. Je prends des métaphores au petit déjeuner et me nourris de double sens à tous les repas. Le tout saupoudré (et non soupoudré) d’un peu de précision orthographique. Mais disserter pendant des heures (bon j’exagère) sur la question du nombre ne me semble pas vraiment servir LA cause.

Communication ou le choix des messages

Mais de quelle(s) cause(s) s’agit-il ? Entre une répartition à égalité des tâches ménagères et la suppression de la prescription de 10 ans pour un viol, la palette des droits revendiqués est large, et toutes ces demandes ne sont évidemment pas à mettre sur le même plan. Un vrai casse-tête en matière de communication. Car tous ces sujets sont importants : du plus grave au plus petit, ils constituent un ensemble représentatif de notre société.

Comment mener efficacement un combat sur tous les fronts ? N’y a-t-il pas une tactique à adopter ? Concentrer toutes ses forces sur une brèche des lignes ennemies, plutôt que disperser ses troupes ?

Temps mort.Voilà un vocabulaire bien belliqueux pour évoquer les relations hommes/femmes. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Une véritable guerre des genres (terminologie actuelle pour la «guerre des sexes») : les hommes contre les femmes ou les femmes contre hommes – qui a pris l’initiative des hostilités ?

En réclamant «l’égalité effective des salaires» – l’Equal Pay Day c’est le 15 mars – ou une présence paritaire dans les comités de direction (je replace mon propos dans le monde du travail, cet univers impitoyable), les femmes s’attaquent aux hommes et à deux gros bastions (argent et pouvoir). Alors en réaction les hommes fourbissent leurs armes et les plus jeunes d’entre eux tremblent à l’idée d’être la «génération sacrifiée» sur l’autel des quotas. Un cercle vicieux s’amorce – ou se poursuit selon le camp que l’on choisit.

Communication ou le choix de l’objectif

Il est cependant possible de faire un autre choix, d’adopter une autre vision. Au hasard de mes rencontres, j’ai découvert l’existence d’une troisième voie/voix : ni amazones, ni soumises, ni machos, ni paternalistes. Une sorte de voie de la raison… économique. Les entreprises mixtes – à tous les étages – sont plus performantes que les autres. La mixité engendre la richesse économique. Et au-delà de la mixité des genres, la diversité sociale, ethnique, culturelle… Chaque individu apporte au groupe toute sa palette d’expériences. Le nuancier de compétences de l’entreprise devient d’autant plus complet que ces individus sont différents.

Reste alors un dernier défi à relever. Celui de la communication d’un ensemble aussi riche et varié qu’une entreprise «diversifiée». De nouveaux codes sont à inventer. Une nouvelle culture d’entreprise est à construire. Un équilibre sûrement fragile doit être trouvé. Une nouvelle forme de management est à développer. Dans ce monde d’après, la femme sera un homme comme les autres. Élément singulier comme tous ses pairs, elle aura obtenu l’égalité dans la diversité.

Cécile Trompette, consultante indépendante et différente, comme les autres

Et pour un aperçu de la diversité au féminin : Elle était une fois une vie de meuf, sans poils et capitons ;-)

  1. bdebraybdebray07-03-2012

    Le mode d’organisation hiérarchique ne reconnait que très difficilement les spécificités des êtres humains. On préférera définir une fonction puis trouver « l’agent » qui sera susceptible d’occuper cette fonction au meilleur coût. C’est l’armée des clones: ou chaque être humain se doit d’être un être humain comme les autres c’est à dire interchangeable.
    Bon, ce modèle est en train de disparaître. Heureusement. A fortiori si l’on a choisit d’être un consultant indépendant.  » La femme est l’avenir de l’homme », être femme aujourd’hui représente une spécificité, une richesse indispensable pour bâtir le monde d’après. Afin qu’un jour on puisse enfin dire que l’homme est une femme comme les autres … c’est à dire unique !

  2. Cécile TrompetteCécile Trompette04-12-2012

    Clin d’œil : Barbie aussi vise la présidence (américaine)
    La parité à tous les étages
    Yes she can
    http://shop.mattel.com/product/index.jsp?productId=12836460

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi Cécile pour la parité à tous les étapes, mais pour barbie, je trouve que c’est un peu trop pour viser la présidence. On dit que les américains sont fous, je le maintiens. Que vont-ils nous inventer pour la prochaine fois ?

      • Cécile TrompetteCécile Trompette04-13-2012

        Au contraire Michèle, je trouve l’idée révélatrice (opportuniste aussi, mais bon il faut être malin en affaires) et bénéfique.
        1/ bénéfique : parce que les Barbies ne sont plus seulement des princesses, des sirènes et des institutrices ; le message envoyé est aux petites filles est l’accessibilité de tous les métiers / de toutes les fonctions ; à quand les Barbies, ouvrières du BTP, ingénieures aéronautique… ?
        2/ révélatrice : car cette Barbie présidente se décline en white, black and chinese… preuve qu’une « diversité » (un président afro-américain vs. le traditionnel modèle WASP) en sert une autre (la mixité des genres) ; du politiquement correct à l’américaine, certes, mais qui ne peut aller que dans le bon sens

  3. ..je reviens sur le commentaire de Laurence : »pas de guerre entre sexes, pas de camps à choisir : variété et égalité de droits, dans la diversité assumée. » On signe où ?!

  4. jhzenonijhzenoni03-19-2012

    Doit-on dire Consultant ou Consultante ? Doit-on dire Directeur ou Directrice ? Au fait quel est la réciproque de misogynie* ?
    Vivement le temps ou ces considérations ne seront plus qu’un vague souvenir; ayant deux filles en bas age, j’espère vivement qu’elles pourront aller et venir dans des jobs de tout type, sans qu’on leur dise ‘ha, mais je croyais que la RH m’envoyais un homme ! ».
    Par ailleurs, mesdames, certaines d’entre vous – une minorité heureusement – adorent jouer les ingénues pour bénéficier du regard protecteur et paternaliste de la gente masculine. Lorsque cela arrive, cela brise cet équilibre ‘d’égal à égal’ et nous renvoie aux vieux poncifs.
    Une petite question pour terminer : doit-on interdire la galanterie sous peine de discrimination et de sexisme ?
    *misandrie

    • Cécile TrompetteCécile Trompette03-25-2012

      Madame le Directeur… Il est intéressant de noter que des femmes arrivées à de hauts postes de responsabilités «gomment» une part de féminité – car si elles sont parvenues à ce stade, c’est parce qu’elles ont joué selon les règles du jeu posées par des hommes et veulent être considérées comme leurs égales…
      A contrario, comme tu le signales Jean-Hugues, d’autres (ab)usent de cette féminité, car à leur sens tous les moyens sont bons pour parvenir à leurs fins. Ce genre de comportement n’est qu’une illustration du côté obscur des relations hommes/femmes.

      Heureusement, pour parvenir à un équilibre satisfaisant pour chaque individu (je préfère cet objectif certes plus égoïste mais plus tangible), on peut jouer sur plusieurs «cordes». Un travail de funambule mais hautement plus constructif et grandement plus valorisant quand on voit les résultats.

      En vrac je vous livre plusieurs champs d’intervention possibles :
      l’humour (les messages passent mieux) ;
      l’éducation des enfants (désormais à la crèche, tous les enfants manient pelle et balayette ; dans un autre siècle, le rose était une couleur «recommandée» pour les garçons – au même titre que rouge, dont il est une variante ; les filles aussi adorent jouer aux Lego et cela avant même l’arrivée des Lego Friends) ;
      à défaut de changer les règles (ou d’essayer de faire appliquer des règles en faveur de la parité), changer de terrain de jeu (avant que le «plafond de verre» ne vous tombe sur la tête, choisir d’autres cieux).

  5. Laurence BardetLaurence Bardet03-19-2012

    J’ai trouvé l’expression  » nuancier des compétences » très belle et très colorée, moi qui suis allée au salon des RH qui manquait de couleurs!
    Dans ce salon, j’ai entendu entre autres parler d’une « directrice de com » mise à pied pour harcèlement moral avéré vis-à-vis de ses subordonnés hiérarchiques : elle ne leur adressait pas la parole, ne connaissant que le haut de la hiérarchie! Les mauvaises pratiques managériales seraient-elle malheureusement également réparties entre les deux sexes?
    En bref, je suis d’accord avec le constat : la femme est un homme comme un autre. Pas de guerre entre sexes, pas de camps à choisir : variété et égalité de droits, dans la diversité assumée. Cela passe d’abord, pour chacun et chacune par un examen personnel régulier de ses pratiques relationnelles et attitudes.

    • Cécile TrompetteCécile Trompette03-25-2012

      Les errements manageriaux n’ont pas de genre…

  6. Je suis tout à fait d’accord avec ce qui a été dit dans cette article. Je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire sur les inégalité entre les sexes dans le milieu professionnel et personnel. Tout viens déjà d’une éducation que l’être humain a pu avoir durant son enfance de part sa mère. On sait pertinemment que les garçons ont est élevé d’une certaine façon du fait que les mères de familles les considèrent directement comme des rois. Ce qui n’arrange pas vraiment les choses pour d’avenir de ces personnes lorsqu’ils rentrent dans l’âge adulte.

    J’ai été invité par un contact de viadéo venant d’une entreprise d’Expert Comptable à La Varenne Saint Hilaire à une réunion d’affaire le 8 mars 2012 « la journée de la femme », nous étions 3 femmes pour environ 30 hommes dans la salle. J’ai fais remarquer exceptionnellement à un Chef d’Entreprise, étant donné, qu’aujourd’hui c’est la journée de la femme afin que nous puissions nous présenter et de parler de notre activité, j’ai eu l’impression que pour lui les femmes n’existaient pas, qu’enfin de compte nous étions neutres.

    Il serait souhaitable que nous nous imposons et que nous nous manifestions de plus en plus dans le milieu du travail ou autre au niveau de la communication.

    • Cécile TrompetteCécile Trompette03-25-2012

      Michèle, tu as raison de dire que l’éducation est une clé du changement, de l’évolution vers plus de diversité. Pour ma part je crois en une éducation dispensée par des figures tant maternelles que paternelles (cf. le commentaire de Jean-Hugues, un homme concerné par l’avenir de ses filles).
      À ce propos, je repense à l’image juste que Jean-Hugues nous a présentée lors d’une session Le Monde Après : dans sa représentation du retour de l’enfant prodigue, Rembrandt dessine le père avec une main d’homme et une main de femme.
      Une image qui convient à l’éducation, au portage salarial, à une société plus équilibrée.

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