«Tu as de la chance, tu es seule dans ton bureau» ou encore, «Quel bonheur de n’avoir personne à qui rendre des comptes», mais aussi «Tu dois t’ennuyer toute seule, non ?». On parle souvent de la «solitude du consultant indépendant», cet être présumé asocial qui s’est mis à son compte pour fuir le joug de son boss, la tyrannie des collègues et l’oppression des horaires à rallonge – à moins que ça ne soit l’inverse… Mais on est bien loin de la réalité.
Pour exister, le consultant indépendant a besoin des autres.
De ses clients, tout d’abord. Le consultant est comme une entreprise. Le consultant EST une entreprise : il existe grâce, par et pour ses clients. Il doit donc les trouver, les comprendre, les convaincre, les satisfaire et les garder. Une quête quotidienne qu’il mène tambour battant et qui l’amène à rencontrer une multitude de gens, à comprendre des organisations et des systèmes différents, à se mettre à la place des autres.
Par ailleurs, comme il n’est pas omnipotent – il a étudié de près son offre de services, connaît ses forces mais aussi ses limites -, le consultant indépendant a besoin des autres pour mener à bien ses missions. Et à plus forte raison lorsqu’il est manager de projets : chef d’orchestre, il fait appel à des talents variés, entretient des relations privilégiés avec chacun d’eux, et organise aussi l’harmonie entre eux, afin de produire la symphonie attendue par son client.
Enfin, curieux de tout, le consultant ne manque pas une occasion d’assister à des conférences, de se rendre à des salons, de rencontrer de «nouvelles têtes». Il accepte un rendez-vous, saisit l’opportunité d’une rencontre. Ces « improvisations » sont l’occasion pour lui de confronter ses idées, d’enrichir ses connaissances, de développer de nouvelles collaborations.
Quant à la question des horaires et de cette «liberté enfin retrouvée», elle fait partie des mythes et légendes qui ont la vie dure. Comment expliquer qu’il s’opère un changement de référentiel lorsqu’on accède à l’indépendance… et que la notion de «temps de travail» n’a plus vraiment cours. Mais c’est une autre histoire.
Cécile Trompette, consultante indépendante mais pas solitaire
* On devrait me botter le stylo pour avoir grammaticalement agressé une langue cousine, que je rétablis prestissimo : «io solo»








Cécile, rien que de chanter , amène l’écoute donc la collaboration de l’extérieur, dnas le cas contraire, la communication ne marche pas; un geste, un son, un message, c’est une fenêtre ouverte sur l’extérieur..!
Bien à toi.
D.Briand
Seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin..;-)….a dit une des consultantes de Le Monde Après. Le consultant indépendant doit de toutes les manières être l’être le moins indépendant de la terre !
Justement parce qu’il est tout seul…Personne ne peut vivre seul, alors travailler seul, c’est mille fois pire.
Un vrai portrait robot ! dans le bon sens du terme, bien sûr ! qui soulève la problématique du temps et de la disponibilité du consultant… Il parait que c’est une phase de développement, dons pas de découragement !
Excellent portrait du consultant indépendant !…qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il croit à 110% à ce qu’il fait !…là, il emporte tout dans sa dynamique…ses contacts, relations et de nouveaux contrats ! Comme il est indépendant mieux vaut pour lui savoir chasser ‘en meute’…activer son réseau, sa visibilité (self branding) car comme tu le dis Cécile, le consultant est une Entreprise (et non pas un produit). Concernant la ‘durée de travail’, je dirais qu’il n’y pas de justice. Certains vont devoir réinventer from scratch à chaque mission, d’autres vont pouvoir dérouler ‘tranquillement’. Certains vont être doués pour se commercialiser et d’autres vont éprouver des difficultés. L’intérêt de jouer collectif est que des missions vont émerger du plasma, on le voit très régulièrement !
Le «temps de travail» d’un consultant indépendant, c’est son temps de vie – que l’on soit «doué» ou «laborieux», ça n’a pas de rapport. On vit sans cesse avec notre entreprise en tête, parce que c’est notre projet de vie, parce que c’est notre choix. De notre implication dépendra notre succès. Et on peut se laisser d’autant plus facilement «envahir» par le sujet qu’on peut l’aborder sereinement grâce au plasma, grâce à nos confrères consultants qui nous apportent soutien et bienveillance comme tu le rappelles, Jean-Hugues, dans ton commentaire sur le dernier article de Bastien.
On ne peut pas être bon partout et on a besoin des autres pour réussir. Grâce aux échanges et aux rencontres du plasma, on peut trouver des profils complémentaires au sien, des personnalités-moteurs qui nous permettent d’avancer dans les passages difficiles de l’indépendance, des distributeurs de savoirs qui nous offrent un autre regard sur notre métier, sur nous-mêmes…
C’est vrai que les gens qui ont tendance à séparer la vie professionnelle et le travail oublient qu’avant tout, quelque soit la relation (amicale, amoureuse ou professionnelle), il s’agit d’une relation humaine.
Quelqu’un qui sépare ça, pour une quelconque raison, risque d’arriver à des biais de relations fortes avec les gens et de se conduire de manière non sociale (« le ça n’a rien de personnel, c’est professionnel » est par exemple une aberration de mon point de vue)
Super remarque Jean-Hugues, effectivement, le consultant est une entreprise avec son obligation sociale et ses responsabilités humaines. Ceux qui considèrent l’humain comme un produit passe à côté de l’essentiel du rôle de l’entreprise à savoir son rôle de rapprochement entre les gens et les relations qui s’y créent. La forme de contractualisation ne concernera jamais l’achat d’un produit mais bien d’un être humain avec avant tout ses qualités humaines.
Il est d’ailleurs bien dangereux de travailler avec un consultant indépendant, ou freelance qui n’a pas les qualités humaines et sociales requises. Cela conduit souvent à de nombreux désagréments !