L’Entreprise Libérée
Nous évoquions dans l’article précédent le risque de voir l’entreprise se replier sur elle-même, chacun se cristallisant sur des revendications individuelles au détriment de la performance collective. Faudrait-il protéger l’entreprise de ses membres en instaurant pour sa sauvegarde un ordre supérieur auquel tout le monde se plierait ?
L’homme est il un « animal politique » comme le dit Aristote ou au contraire « un loup pour l’homme » qui ne consent à arrêter « la guerre de tous contre tous » que lorsqu’il est contraint par une autorité supérieure qui instaure une « puissance de droit divin » capable de tenir chacun en respect par la crainte du châtiment ?
La réduction de l’entreprise mondialisée à un système de processus en amélioration continue pilotée par le haut court-circuite la pensée et empêche l’autonomie des acteurs de s’exprimer. Une conception plus humaniste de l’entreprise est nécessaire pour que celle ci puisse continuer à se développer. Cette vision de l’entreprise est réalisable si, en s’appuyant sur l’esprit d’éthique, elle rend crédible de nouvelles formes de solidarité collective. A nous de jouer !
L’Entreprise Libérée
Nous évoquions dans l’article précédent le risque de voir l’entreprise se replier sur elle-même, chacun se cristallisant sur des revendications individuelles au détriment de la performance collective. Faudrait-il protéger l’entreprise de ses membres en instaurant pour sa sauvegarde un ordre supérieur auquel tout le monde se plierait ?
L’homme est il un « animal politique » comme le dit Aristote ou au contraire « un loup pour l’homme » qui ne consent à arrêter « la guerre de tous contre tous » que lorsqu’il est contraint par une autorité supérieure qui instaure une « puissance de droit divin » capable de tenir chacun en respect par la crainte du châtiment ?
La réduction de l’entreprise mondialisée à un système de processus en amélioration continue pilotée par le haut court-circuite la pensée et empêche l’autonomie des acteurs de s’exprimer. Une conception plus humaniste de l’entreprise est nécessaire pour que celle ci puisse continuer à se développer. Cette vision de l’entreprise est réalisable si, en s’appuyant sur l’esprit d’éthique, elle rend crédible de nouvelles formes de solidarité collective. A nous de jouer !
Terre à l’horizon !
Les différentes étapes de la Stratégie du Mouvement que nous avons franchies dans ce blog nous ont amenés à nous éloigner progressivement des aspects intellectuels de l’analyse stratégique pour nous immerger dans l’environnement extérieur : le monde des clients et l’espace des nouveaux marchés à explorer. Une nouvelle forme d’entreprise apparait alors à l’horizon !
Cette nouvelle forme d’entreprise, fondée sur les relations qu’entretiennent entre eux un grand nombre d’acteurs, ne fonctionne que si l’on tient compte de son aspect social : respect d’autrui et conviction que la parole de l’un vaut bien celle de l’autre.
La fonction principale du management devient alors d’animer l’entreprise pour que chacun puisse d’une part, se sentir pleinement membre d’une communauté poursuivant des objectifs communs clairement définis et d’autre part, profiter des opportunités offertes par la communauté pour enrichir son propre parcours professionnel. Le manager doit apprendre à se construire un regard extérieur pour agir de façon pragmatique, c’est-à-dire en soulignant ce qui fait sens à un moment donné pour entretenir le mouvement.
Une concurrence rude, des marchés difficiles, un environnement turbulent sont autant de facteurs favorables pour l’émergence de cette nouvelle forme d’entreprise. Soumise à un environnement désordonné, l’entreprise a en elle la faculté de s’en distinguer en affirmant son autonomie et son individualité.
Terre à l’horizon !
Les différentes étapes de la Stratégie du Mouvement que nous avons franchies dans ce blog nous ont amenés à nous éloigner progressivement des aspects intellectuels de l’analyse stratégique pour nous immerger dans l’environnement extérieur : le monde des clients et l’espace des nouveaux marchés à explorer. Une nouvelle forme d’entreprise apparait alors à l’horizon !
Cette nouvelle forme d’entreprise, fondée sur les relations qu’entretiennent entre eux un grand nombre d’acteurs, ne fonctionne que si l’on tient compte de son aspect social : respect d’autrui et conviction que la parole de l’un vaut bien celle de l’autre.
La fonction principale du management devient alors d’animer l’entreprise pour que chacun puisse d’une part, se sentir pleinement membre d’une communauté poursuivant des objectifs communs clairement définis et d’autre part, profiter des opportunités offertes par la communauté pour enrichir son propre parcours professionnel. Le manager doit apprendre à se construire un regard extérieur pour agir de façon pragmatique, c’est-à-dire en soulignant ce qui fait sens à un moment donné pour entretenir le mouvement.
Une concurrence rude, des marchés difficiles, un environnement turbulent sont autant de facteurs favorables pour l’émergence de cette nouvelle forme d’entreprise. Soumise à un environnement désordonné, l’entreprise a en elle la faculté de s’en distinguer en affirmant son autonomie et son individualité.
Prendre la Météo.
L’idée que l’on se fait de la place et du rôle attribués à chacun dans l’entreprise est la question essentielle. Partons du constat que les acteurs de l’entreprise possèdent à eux tous un savoir considérable : savoir rassembler cette information, l’exploiter ensuite pour construire le cadre stratégique puis en déduire les actions à entreprendre constituerait la recette idéale pour le succès.
Les acteurs en relation avec l’environnement, constitués en une sorte de réseau d’antennes tournées vers l’extérieur, sont une ressource féconde pour alimenter l’entreprise en information pertinente. Les informations produites par ces « antennes » caractérisent en fait 5 éléments extérieurs qui, à la manière du vent et des vagues pour un voilier, déterminent la progression de l’entreprise vers ses cibles stratégiques. Je trouve commode de se représenter ces éléments (« les forces de Porter ») comme la météo qu’il convient de comprendre, d’anticiper mais surtout de respecter.
Dans la pratique, il s’avère compliqué de laisser suffisamment de place aux acteurs proches des clients et de l’environnement pour qu’ils puissent jouer efficacement ce rôle d’antennes. Sous la pression de contraintes en tout genre, se matérialise plutôt dans l’entreprise une vision autocentrée sur les processus internes et leur perfectionnement continu. Sous certaines conditions, un usage approprié des outils internet de nouvelle génération pourrait se révéler être une opportunité extraordinaire pour contrecarrer cette tendance.
Prendre la Météo.
L’idée que l’on se fait de la place et du rôle attribués à chacun dans l’entreprise est la question essentielle. Partons du constat que les acteurs de l’entreprise possèdent à eux tous un savoir considérable : savoir rassembler cette information, l’exploiter ensuite pour construire le cadre stratégique puis en déduire les actions à entreprendre constituerait la recette idéale pour le succès.
Les acteurs en relation avec l’environnement, constitués en une sorte de réseau d’antennes tournées vers l’extérieur, sont une ressource féconde pour alimenter l’entreprise en information pertinente. Les informations produites par ces « antennes » caractérisent en fait 5 éléments extérieurs qui, à la manière du vent et des vagues pour un voilier, déterminent la progression de l’entreprise vers ses cibles stratégiques. Je trouve commode de se représenter ces éléments (« les forces de Porter ») comme la météo qu’il convient de comprendre, d’anticiper mais surtout de respecter.
Dans la pratique, il s’avère compliqué de laisser suffisamment de place aux acteurs proches des clients et de l’environnement pour qu’ils puissent jouer efficacement ce rôle d’antennes. Sous la pression de contraintes en tout genre, se matérialise plutôt dans l’entreprise une vision autocentrée sur les processus internes et leur perfectionnement continu. Sous certaines conditions, un usage approprié des outils internet de nouvelle génération pourrait se révéler être une opportunité extraordinaire pour contrecarrer cette tendance.
La Stratégie est une vision, pas un plan.
Dans beaucoup d’entreprises il existe un sentiment, souvent inavoué, qui dit qu’il est plus rentable d’être un suiveur rapide qu’un défricheur d’espaces vierges. A quoi bon « essuyer les plâtres » ? Laissons d’abord les créatifs anarchiques découvrir des nouvelles opportunités. Puis, en nous appuyant sur notre organisation planificatrice sans failles, nous saurons ensuite les développer à notre profit sans avoir couru le risque de la découverte. N’en déplaisent aux petits malins qui, de tous temps et en tous lieux, se sont trouvés au bon moment et au bon endroit pour « retirer les marrons du feu », cette attitude n’est plus efficace aujourd’hui.
Suivre au plus près, ou mieux devancer la demande des clients, si possible et surtout en l’incluant dans le processus d’invention, est devenu l’avantage concurrentiel déterminant. Il s’amplifie par la capacité d’apprentissage de l’entreprise au contact de ses clients. La performance relative (saisir rapidement les grandes tendances avant les autres) devient plus importante que la performance absolue (comprendre intégralement la demande pour pouvoir optimiser l’offre). Le différentiel de vitesse acquis au contact avec le marché ne fera alors que s’accroitre, ne laissant aux suiveurs que les segments banalisés. Un plan n’est qu’une projection incrémentale du présent alors que la stratégie se conçoit comme une vision mettant en mouvement l’entreprise et conditionnant des prises de décision adaptées aux situations rencontrées. Pour cela la participation de tous est nécessaire: voir l’entreprise comme une communauté de compétences ouvertes sur le marché permet de distinguer des opportunités invisibles à celui qui reste obnubilé par une vision centrée sur les produits et les processus de production.
La Stratégie est une vision, pas un plan.
Dans beaucoup d’entreprises il existe un sentiment, souvent inavoué, qui dit qu’il est plus rentable d’être un suiveur rapide qu’un défricheur d’espaces vierges. A quoi bon « essuyer les plâtres » ? Laissons d’abord les créatifs anarchiques découvrir des nouvelles opportunités. Puis, en nous appuyant sur notre organisation planificatrice sans failles, nous saurons ensuite les développer à notre profit sans avoir couru le risque de la découverte. N’en déplaisent aux petits malins qui, de tous temps et en tous lieux, se sont trouvés au bon moment et au bon endroit pour « retirer les marrons du feu », cette attitude n’est plus efficace aujourd’hui.
Suivre au plus près, ou mieux devancer la demande des clients, si possible et surtout en l’incluant dans le processus d’invention, est devenu l’avantage concurrentiel déterminant. Il s’amplifie par la capacité d’apprentissage de l’entreprise au contact de ses clients. La performance relative (saisir rapidement les grandes tendances avant les autres) devient plus importante que la performance absolue (comprendre intégralement la demande pour pouvoir optimiser l’offre). Le différentiel de vitesse acquis au contact avec le marché ne fera alors que s’accroitre, ne laissant aux suiveurs que les segments banalisés. Un plan n’est qu’une projection incrémentale du présent alors que la stratégie se conçoit comme une vision mettant en mouvement l’entreprise et conditionnant des prises de décision adaptées aux situations rencontrées. Pour cela la participation de tous est nécessaire: voir l’entreprise comme une communauté de compétences ouvertes sur le marché permet de distinguer des opportunités invisibles à celui qui reste obnubilé par une vision centrée sur les produits et les processus de production.

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