Pour en finir avec la hiérarchie
Prenez le comme une bonne nouvelle (« A bas les chefs ! ») ou bien comme une mauvaise (« Que vais-je devenir ? »), cela ne changera rien : les organisations basées sur la hiérarchie (« Je pense donc tu agis ») sont condamnées à disparaitre. Ecoutez par exemple le grand gourou du management, Gary Hamel, nous expliquer dans la Harvard Business Review que la première chose à …
A quoi sert l’entreprise 2.0 ?
Robert Solow s’était distingué dans les années 80 en mettant en évidence le décalage dans le temps entre l’apparition de l’informatique et son impact économique en raison des temps de formation et des effets d’obsolescence. Sous le vocable « entreprise 2.0 », on distingue aujourd’hui les entreprises qui non seulement ont parfaitement assimilées les technologies informatiques classiques mais ont également profondément modifiées leurs organisations internes, leurs relations avec leurs partenaires pour profiter de la dimension collaborative offerte par l’internet 2.0. Combien d’entreprises ont elles réussies à franchir ce cap aujourd’hui ?
L’alibi de la république.
Internet 2.0 nous fait redécouvrir les principes qui permettent de concevoir des pratiques démocratiques qui évitent que l’entreprise ne subisse l’enfermement bureaucratique. Les principes républicains, chers à Platon, ne suffisent pas pour cela. Appliqués à l’entreprise, ils consistent à remettre sa conduite entre les mains de « sages » supposés plus instruits et plus expérimentés que la masse des employés. Si le rôle de ces « comités de sages », le conseil d’administration dans son ensemble, est essentiel pour définir et protéger un « cadre de gouvernance » adéquat, il ne faut pas assimiler cette fonction avec la conduite opérationnelle de l’entreprise.
Recoller les Morceaux
Lorsque, comme trop souvent, l’entreprise est fragmentée entre des stratèges (policy world), des concepteurs et planificateurs (conceptual world) et des opérationnels (real world), il devient très difficile de recoller les différents morceaux de réalité. Il s’ensuit une sous estimation de la complexité des interactions des différents systèmes en jeu entrainant un décalage persistant entre vision et exécution. La performance de l’entreprise au sein de son environnement s’en ressent, parfois gravement.
L’Entreprise Libérée
Nous évoquions dans l’article précédent le risque de voir l’entreprise se replier sur elle-même, chacun se cristallisant sur des revendications individuelles au détriment de la performance collective. Faudrait-il protéger l’entreprise de ses membres en instaurant pour sa sauvegarde un ordre supérieur auquel tout le monde se plierait ?
L’homme est il un « animal politique » comme le dit Aristote ou au contraire « un loup pour l’homme » qui ne consent à arrêter « la guerre de tous contre tous » que lorsqu’il est contraint par une autorité supérieure qui instaure une « puissance de droit divin » capable de tenir chacun en respect par la crainte du châtiment ?
La réduction de l’entreprise mondialisée à un système de processus en amélioration continue pilotée par le haut court-circuite la pensée et empêche l’autonomie des acteurs de s’exprimer. Une conception plus humaniste de l’entreprise est nécessaire pour que celle ci puisse continuer à se développer. Cette vision de l’entreprise est réalisable si, en s’appuyant sur l’esprit d’éthique, elle rend crédible de nouvelles formes de solidarité collective. A nous de jouer !
Terre à l’horizon !
Les différentes étapes de la Stratégie du Mouvement que nous avons franchies dans ce blog nous ont amenés à nous éloigner progressivement des aspects intellectuels de l’analyse stratégique pour nous immerger dans l’environnement extérieur : le monde des clients et l’espace des nouveaux marchés à explorer. Une nouvelle forme d’entreprise apparait alors à l’horizon !
Cette nouvelle forme d’entreprise, fondée sur les relations qu’entretiennent entre eux un grand nombre d’acteurs, ne fonctionne que si l’on tient compte de son aspect social : respect d’autrui et conviction que la parole de l’un vaut bien celle de l’autre.
La fonction principale du management devient alors d’animer l’entreprise pour que chacun puisse d’une part, se sentir pleinement membre d’une communauté poursuivant des objectifs communs clairement définis et d’autre part, profiter des opportunités offertes par la communauté pour enrichir son propre parcours professionnel. Le manager doit apprendre à se construire un regard extérieur pour agir de façon pragmatique, c’est-à-dire en soulignant ce qui fait sens à un moment donné pour entretenir le mouvement.
Une concurrence rude, des marchés difficiles, un environnement turbulent sont autant de facteurs favorables pour l’émergence de cette nouvelle forme d’entreprise. Soumise à un environnement désordonné, l’entreprise a en elle la faculté de s’en distinguer en affirmant son autonomie et son individualité.
