La Pensée Balistique.
Connaissez-vous la pensée balistique ? Il s’agit de tuer dans l’œuf la pensée de votre interlocuteur pour lui imposer la votre sans même qu’il s’en aperçoive. Comme pour un duel au revolver, il suffit d’être rapide et précis. Nul besoin d’avoir une pensée d’un calibre supérieur aux autres pour que cela marche. C’est très pratique pour se simplifier les petites contrariétés de la vie quotidienne avec un professeur, un représentant des forces de l’ordre, un client, votre patron ou un collègue. Imaginez ce que vous pourriez faire en maitrisant parfaitement ce « revolver pataphysique » qu’est la pensée balistique !
Chaud Devant !
Parvenez-vous régulièrement à projeter dans l’avenir ce qui vous semble probable à partir de votre connaissance sur le passé et sur les processus en cours du présent ? Si oui, profitez bien de cette aptitude car dans la période de mutations que nous vivons cela deviendra de plus en plus difficile. Au risque de vous rendre incapable de traiter par vous-même les problèmes qui se posent. Alors que faire ? Pourquoi ne pas chercher dès maintenant à mettre en connexion les gens entre eux pour partager, en fonction de leurs besoins immédiats, une connaissance mise à jour en temps réel sur le milieu environnant. Il faudra s’y faire : le futur sera de moins en moins une simple extrapolation du passé !
Réduire les Couts ne suffit pas !
Avez-vous remarqué combien certaines opinions sont très bien acceptées quand on les énonce dans un cadre général mais s’avèrent souvent très difficiles à mettre en œuvre sur le terrain ?
Bien évidemment mon entreprise forme un tout bien supérieur à la somme des parties qui la composent: beaucoup de choses se passent dans mon entreprise dont on ne puisse rendre compte simplement en additionnant des comportements individuels pris indépendamment les uns des autres. Ceci suppose aussi que les acteurs individuels aient une réelle possibilité d’agir à un niveau global. Est-ce vraiment le cas ?
Le mieux est l’ennemi du bien car j’ai bien compris que ma valeur ajoutée de manager consiste à implémenter localement, dans ma sphère de responsabilité, des solutions qui répondent à des optimisations de l’entreprise dans son fonctionnement global. Cependant nous nous mettons plus facilement au travail lorsque cela nous procure une gratification immédiate. Une optimisation locale, comme par exemple réduire les couts de la structure dont j’ai la charge, me procurera une gratification plus immédiate et plus visible qu’une contribution hypothétique au bon fonctionnement de l’ensemble.
Se représenter l’entreprise comme « un monde de couts à réduire » pousse à s’acharner sur des optimums locaux entrainant à la longue des non sens économiques globaux. Investir dans un mode d’organisation ou chacun doit donner du temps aux autres en intervenant comme support, en transmettant sa connaissance est une dépense non négligeable. Suis-je prêt à faire ce pari ?
Tracer la Route sur la Carte
La mise en place d’une dynamique collaborative implique que l’on évite de se focaliser sur des optimums locaux au détriment des critères globaux d’optimisation tels que définis par l’approche stratégique. On construit pour cela une carte dont les axes associent un critère de performance (comme la satisfaction client ou la rentabilité) et un critère de comportement (comme le degré de différenciation des produits). A partir de la position initiale de l’entreprise, on trace les différentes routes possibles pour améliorer la position de l’entreprise vers les mécanismes de création de valeur de ses clients. Plusieurs cibles seront ainsi positionnés sur la carte et seront activés ou non en fonction des résultats et des réactions de l’environnement. L’important est de démarrer rapidement sans préalables car un processus de changement plus planifié mais forcément plus lent, a pour corollaire un risque important de maintien dans un état de non décision. Le mouvement se déroule par conséquent en plusieurs déplacements rapides et opportunistes qui sont visualisés sur la carte stratégique et discutés collectivement un peu à la manière des « debriefing video » des équipes de Rugby.
Éloge de la Décision.
Les bonnes raisons pour ne pas décider sont nombreuses. Trop nombreuses !
L’aptitude à résister à un changement imposé donne à l’entreprise une possibilité de durer en dépit des perturbations. La poursuite des opérations est donc assurée, tout va bien. Quand l’environnement, devenu turbulent, rompt l’équilibre des échanges avec le milieu extérieur, rien ne va plus. Cette même résistance au changement se transforme en un frein annihilant les capacités de décision.
Internet pourrait il nous aider à « lever la tète du guidon » pour prendre les décisions qui s’imposent ? En favorisant la mise en place d’un grand nombre de relation de coopération entre des personnes, l’entreprise capterait ce qui émerge spontanément de ce réseau social pour prendre de la hauteur, analyser la situation et identifier les alternatives.
Encore faut il que quelqu’un décide !
Créer des relations, discuter, construire des formes de consensus n’est pas décider. Un usage stérile du réseau social produirait une frustration entre les intentions qui s’accumulent et l’exécution qui ne suit pas.
