La valeur que nous attribuons aux objets repose plus sur la perception que nous en avons que sur la quantité de matière que ces objets contiennent. Les idées élargissent les représentations que nous nous faisons de nos besoins. Nous attendons tous que quelqu’un fasse quelque chose pour nous captiver avec une nouvelle idée. Le monde qui nous entoure contient ainsi la possibilité d’un « état de chaos » où soudainement ce qui était impossible apparaît possible.
La concurrence se fait sur le champ des idées et celles ci par l’innovation, produisent plus de richesses que l’optimisation de l’existant. Une économie de l’idée s’impose. En se superposant à l’économie de la matière elle déplace les frontières et favorise des nouveaux entrants que personne n’attendait. Plus la force de l’idée domine la quantité de la matière, plus s’accélère le rythme des innovations.
Sur le long terme le prix d’un objet à tendance à s’aligner sur son coût de réplication, en relative indépendance avec le rapport entre l’offre et la demande. Or le coût de réplication est quasiment nul pour les ingrédients intellectuels donc toute nouvelle idée est destinée à se banaliser. Il est donc indispensable de trouver sans cesse de nouvelles idées.
Les idées naissent en fonction des représentations que l’on se fait du monde. Un défaut d’attention au monde qui nous entoure, un manque de méthode nous privent de segments de réalité. Cela affecte notre capacité à trouver des idées. Par la confrontation organisée avec les autres, nous pouvons réussir à déborder notre intuition pour percevoir des morceaux de réalité qui nous échappent. Il s’avère plus efficace de travailler collectivement sur une meilleur représentation de notre environnement, fondée sur l’imagination, plutôt que de s’attaquer à modifier directement les convictions de nos interlocuteurs. Les idées se développent dans le cadre d’une communauté qui leur donne du sens.
Les interactions avec les autres nous obligent à renouveler plusieurs fois les modifications du cadre de représentation dans lequel on se place. Ce « plasma collaboratif » nous engage dans l’action par la confrontation d’idées avec les autres. Nous pouvons ainsi construire autour d’un objet une représentation qui dépasse l’intuition qu’on en a et qui par conséquent en augmente sa valeur.








Ceci me parait surtout valable pour les services. Concernant l’industrie et la production lourde, l’objet doit rapidement rentrer dans un « moule » de fabrication compétitif pour être vendu et pour être rentable ?
Néanmoins le génie d’une boite (et son boss) comme Apple me laisse rêveur … et appuie votre démonstration
Il y a du « Mozart » chez cet homme
Quelle constance Maxime ! Merci de vous « accrocher » sur un article que je reconnais pas facile mais dont j’avais besoin pour donner une définition à ce fameux « plasma collaboratif ».
Effectivement pour l’industrie de transformation de la matière, la part de « frais fixes » est importante (le « moule », les machines/robots etc …). Ces frais doivent être amortis sur un nombre suffisant d’exemplaires. Passé ce stade et en fonction de l’intensité concurrentielle, le prix des objets fabriqués aura tendance à s’aligner sur le coût marginal de production. Cet effet est plus marqué pour tout « objet » contenant une part importante d’ingrédients intellectuels car la part « frais fixes » n’est pas nul mais moins forte et surtout, le coût de réplication d’une idée (comme un logiciel) est nul.
C’est une constance informatique faite d’un raccourci dans mes liens et d’un passage de temps en temps pour lire votre dernière homélie (rires)
Celle ci était assez hardue, je dois dire , et mériterait d’autres développements
J’ai retenu dans cet article (qui méritait de faire un bouquin !) deux idées principales : le principe ‘d’économie des idées’ et le ‘plasma collaboratif’ avec des mots clefs tels que engagement / action/ confrontation des idées et création de valeur. Force est de constater que dans toute organisation humaine, la proximité des individus crée parfois une certaine distance. Non dit, trop dit, dysfonctionnement, stress, démotivation…la boite à outils (l’entreprise) qui permet de créer, se grippe. Le défi consiste à réveiller le gout du ‘toujours mieux’ en confiant -entre autre – des responsabilités et du pouvoir à tous les échelons. Le toujours mieux peut également se présenter sous forme du ‘travailler autrement’ sur la base d’individus en mission – en portage – qui par la nature même de leur mission apporte une solution et ne font pas parti du problème.
Nous avons le choix de ce que nous voulons être en exerçant notre liberté dans les limites concrètes de la réalité. Nous pouvons choisir de rester enfermé en nous-même ou sur le clan des individus qui pensent et agissent comme nous. Si nous choisissons d’être une personne, c’est à dire tout à la fois individu, relation et société, nous entrons dans l’intelligence collective, en relation potentielle avec toute réalité !