La vie s’en chargera…

Portage Salarial et Plasma Collaboratif

La vie s’en chargera…

Les expériences douloureuses sont souvent les plus enrichissantes. Du moins, ces situations nous offrent a priori le plus grand potentiel pour apprendre de nos erreurs et corriger nos trajectoires. Avec ses mécanismes naturels, notre cerveau développe par la douleur, la frustration ou le manque une capacité d’autoévaluation qui lui permet d’analyser les comportements dangereux et de ne plus vouloir les reproduire. Les feedbacks (ou rétroactions) sont alors des données primordiales qui nous amènent à apprendre de nos erreurs, en identifiant les actes, gestes ou paroles qui pouvaient en être la cause.

Quel beau fonctionnement, seulement voilà… il arrive fréquemment que certaines personnes (en général plus âgées, de toute évidence plus expérimentées) souhaitent se substituer à nos capacités d’autoanalyse pour nous « donner des leçons », « nous en faire baver ». La plupart du temps, ces personnes ont cru vivre une situation similaire par le passé, en ont souffert, et font tout pour nous la faire partager. Généreusement… Parce que l’on doit bien s’endurcir… Parce que l’on n’apprend vraiment qu’en prenant des coups…

C’est évidemment une absurdité ! Comment ces personnes peuvent-elles croire que le chemin qu’elles ont traversé, aussi douloureux ou vertueux qu’il ait pu être, soit la seule manière d’accéder à leur niveau de compétence actuel ? Comment peuvent-elles se persuader que la vie n’est pas déjà suffisamment remplie d’embûches et qu’il est nécessaire d’y semer quelques bâtons de plus pour perturber nos rouages ?

1) Si le badaud moyen n’apprend pas de ses erreurs, 2) Si le bon gars sait tirer les leçons de ses échecs, on peut considérer que 3) L’être doué parvient à ne pas reproduire les erreurs commises par autrui.

Messieurs les « expérimentés », si vous souhaitez vraiment faire de nous des êtres doués, partagez plutôt avec nous vos erreurs passées. Ne cherchez pas à reproduire sur nous tous les coups que vous avez reçus.

Car à n’en pas douter, la vie s’en chargera

  1. jhzenonijhzenoni02-07-2012

    Cette notion de transfert de compétences sans rajouter du pathos est primordial. Partager les erreurs passées en donnant le décodeur est clef; rajouter un peu de savon sur la planche parce que ‘de mon temps ca se faisait comme çà!’devient contre productif. En y réfléchissant tu viens de confirmer l’une des principales raisons d’avoir inventé le plasma collaboratif « un regard bienveillant, dynamique et interactif »…sans peau de banane !

  2. Florent BraleretFlorent Braleret02-07-2012

    Pour reprendre une citation célèbre des Inconnus (oui c’est une boutade), il y a le « bon partage » et le « mauvais partage ». Ce que tu mets négativement en avant dans ton pamphlet, c’est le cas typique de l’aîné se substituant à toi pour expliquer à sa manière TON ressenti.

    Je suis d’accord avec toi pour dire que c’est inadapté pour plusieurs raisons :

    1) L’époque est différente, les codes de conduite alors en vigueur ont pour la plupart disparus ou ont au minimum évolués.

    2) Pour une même situation le ressenti est variable d’une personne à l’autre (pour une temporalité identique ou différente d’ailleurs). Supporter le « Je comprends ce que tu ressens » ou bien le « Oui je vois ce que c’est » et surtout le fameux « De mon temps… » n’est alors pas évident pour l’ego.

    3) Les moyens et outils d’enhancement (j’ai perdu le mot français) n’ont plus rien à voir. Le partage d’expérience quasi magistral me semble aujourd’hui insuffisant pour gagner en expérience significative. La connaissance d’un sujet est beaucoup plus accessible de nos jours et un apprentissage personnel est un complément nécessaire à des conseils prodigués sur la base d’une expérience passée.

    Pour autant, il ne faut pas repousser le dialogue de manière obtuse également pour des raisons précises :

    1) Même s’il est maladroit, le partage descendant d’une génération à l’autre est une amorce possible pour trouver les solutions à un problème particulier. En mettant de côté tout conflit générationnel (communication inadaptée), des pistes peuvent apparaître pour mieux comprendre sa propre perception d’une événement.

    2) Se fermer n’est jamais la solution en situation de crise. C’est humain, certes, mais contre-productif au possible. Posséder un minimum de recul est une qualité obligatoire de nos jours, afin de ne pas réagir à chaud et potentiellement envenimer une problématique bénigne.
    Remarque : il me semble que Fabien Salicis avait écrit un très bon article sur la gestion de crise sur son blog, conseillant d’attendre un laps de temps avant de prendre toute décision lorsqu’une crise éclate. On se fait parfois une montage d’une simple colline…

    3) C’est une attitude en totale contradiction avec un des préceptes forts que tu mets en avant dans ton article : l’auto-évaluation. Il me semble que plus le nombre de paramètres connus est grand, et plus la réponse est adaptée. Concrètement pourquoi ne pas agglomérer l’expérience de situations (à priori) similaires pour catalyser cette phase d’auto-critique / mise en perspective ? De la différence naît la compréhension (à moins d’avoir un esprit fermé, ce qui me semble être contradictoire avec une auto-évaluation).

    En définitive, que retenir de ce « coup de gueule » propice au débat ? Jean-Hugues le met très bien en avant dans son commentaire : le plasma collaboratif est la solution, c’est à dire la valorisation de chacun à travers le regard de tous (l’inverse est également vrai). Est-ce évident à mettre en place et à fortiori à conserver ? Certainement pas. Est-ce un puissant outil d’amélioration ? Indubitablement.

    Tu intitules ton billet « La vie s’en chargera… », mais qu’est-ce que la vie sans les autres (à part l’enfer) ? Se comprendre soi-même sans le regard des autres me semble difficile, ou en tout cas représenter une analyse incomplète.

    Au plaisir d’en discuter IRL.

  3. ctrompettectrompette02-08-2012

    il faut
    1/ faire le dos rond (technique de la tortue)
    2/ fuir ce genre de personnages (méthode volatile)
    3/ contre-attaquer de manière (plus ou moins) constructive (approche du rhinocéros)

    mais dis-toi que tu croiseras toujours des donneurs de leçons qui manquent de pédagogie (choisir le bon levier pour communiquer, pour transmettre son savoir, n’est pas à la portée de tous) ; à toi de faire la part des choses, de choisir l’option qui t’es la plus favorable.

    tu peux aussi rendre service à ton «aîné» en lui tendant un miroir qui révèlera son mal-être… et avec un peu de chance il s’apercevra qu’une autre voie existe.

    et en toute circonstance, rappelle toi que «ça pourrait être pire» ;-)

  4. Fabien SalicisFabien Salicis02-23-2012

    Les donneurs de leçons ont effectivement un avantage indéniable c’est que, la forme bien souvent exclue, le fond est lui animé, dans la très grande majorité des cas, par une volonté très positive car c’est finalement un don de leur part.

    Il est vrai que la forme aide bien souvent à ne pas les écouter mais finalement, en essayant de faire abstraction de la forme, le don est souvent plus généreux qu’il n’y parait. Mais c’est pas toujours facile..;-)

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